Rando-nue à raquettes

Compte rendu de la semaine raquettes-nues dans la vallée de la Clarée

 

D'après une histoire vraie, avec, dans les principaux rôles :

 

Emmanuelle, Flavia, Michel, Christian, Robert, Philippe, Bruno, Guy, Alain et Pierre.

Ce lundi 23 février 2015, il est 10 h30, nous nous retrouvons tous sur le parking de Névache. Le temps n’est pas très beau mais ça ira pour randonner. A 11h nous sommes partis, nous empruntons le chemin en rive droite de la Clarée, il y a une bonne trace. Nous croisons un trailer qui nous parle d’un couloir d’avalanche. Les plus courageux sont déjà nus ou en partie. Arrivés à un petit barrage, nous nous rendons compte que nous avons franchi le passage avalancheux... trop tard !

Nous abordons ensuite une montée bien raide, en forêt, bien tracée. La température s’élève rapidement et nous apprécions d'être nus. Un chalet nous fait nous rhabiller, vers 2000m. Erreur, ce n’est pas encore le refuge. Le refuge de Buffère (2076m) est vite atteint. Il y fait bien chaud. Nous nous installons pour pique-niquer. Nous nous installons ensuite dans nos pénates. L’après-midi, nous décidons d'aller voir plus haut le Lac de Privé. Nous suivons d’abord les traces puis faisons les nôtres jusqu'à une hauteur dominant le lac, mais nous ne voyons guère de lac vu l’enneigement.

Nous sommes à 2340m dans un cirque entouré de sommets. Il ne fait pas chaud, il vente, il neigeote. Descente dans une belle neige où nous brassons. Arrivée au refuge vers 17h.

 

Douches chaudes, quel luxe pour un refuge, c’est la première fois que je vois cela.

Bon repas et nuit.

Distance : 8,16 kms
Durée : 6h41
Dénivelé positif : 856 m
Dénivelé négatif : 282 m

Altitude maximale : 2340 mètres

Mardi 24 février. Refuge de Buffère.

 

Le temps est bouché, gris, froid et il vente. Petit déjeuner, nous emmenons nos repas de midi. Départ vers 9 h 30. D'emblée, nous perdons la piste et nous dévalons dans le sous-bois, comme des bourrins. La pente s'accentue et nous préfèrons rejoindre, à niveau, la bonne piste. Nous la suivons plus ou moins, en profitant de cette belle neige profonde. Point bas du trajet ,1750m, au pont de Souchère. Il nous faut maintenant remonter vers le refuge du Chardonnet. Ça grimpe très raide, mais aujourd'hui tout le monde reste vêtu, allez savoir pourquoi.

 

Alain perd sa rondelle, dans la neige. Nous nous acharnons un moment à la chercher, nous pelletons, mais en vain. Nous brassons pas mal, la visibilité est quasi nulle, il fait très froid. Quelques bâtons bien placés nous indiquent le chemin et surtout où franchir les rivières.

 

Arrivée au refuge du Chardonnet (2233m) vers 13h. Ouf !! Dure cette montée. Repas tiré du sac. Beaucoup de monde ; des raquetteux et des skieurs de rando.

Nous investissons ensuite notre domaine, le dernier étage, nous avons un peu le nez dans les poutres, attention aux réveils rapides. Vers 15h, cinq font la sieste et cinq partent crapahuter. Le temps est affreux ; vent glacial, visibilité très faible. Il est question de faire le tour des lacs de Chatelard et du Chardonnet. Nous n’y voyons pas grand-chose, l'orientation va vite poser problème.

Bientôt Christian, puis Pierre font demi-tour et rentrent au refuge. Alain, Philippe et Bruno continuent et rentrent finalement vers 17h.

 

Repas du soir excellent : tajine et moelleux au chocolat avec Chantilly sur un lit de coulis de framboise.

 

Distance : 7.83 km

Durée : 6h07

Dénivelé positif : 849 m

Dénivelé négatif : 509 m

Altitude maximale : 2295 m

Altitude minimale : 1773 m

Mercredi 25 février. Refuge du Chardonnet.

Miracle : il fait beau, très beau même ; grand soleil et bise glaciale. Au petit déjeuner, excellentes confitures de mirabelles et myrtilles...

Nous décollons vers 9h, pour le col du Chardonnet. Nous naviguons à vue, en évitant les pentes trop raides, le risque avalancheux étant prononcé.

Le vent de face est glacial. Paysage superbe. Nous nous élevons, nous faisons la trace. Sur la fin du parcours des poteaux nous guident jusqu'au col.

 

Arrivée au col de Chardonnet (2638m) vers 11h. Vue sur les Écrins, les Agneaux, la Barre et le Dôme, la Roche Faurio, la Meije et les Cerces, les arêtes de la Bruyère et Roche Robert.

Nous ne pouvons guère nous éterniser, nous gèlons sur place. Demi-tour et descente jusqu'à un replat un peu abrité. Nous mangeons une barre avant de repartir. La descente est rapide. Nous en prenons plein les yeux : belles montagnes enneigées, soleil. A midi nous sommes au refuge du Chardonnet où nous prenons notre pique-nique. Le gardien nous offre deux saucissons, très bons.

 

Nous essayons de ne pas trop traîner car la journée n'est pas finie .Nous quittons le refuge vers 13h30, nous découvrons alors le paysage que nous n’avons pas vu à la montée. Nous empruntons des raccourcis, belle neige. Le climat n'est pas trop au naturisme, mais Bruno fait un effort.

 

Nous inventons notre itinéraire à travers les bois. Pont de la Fruitière, Ricou n'est plus loin, raide montée par la Chalanchette. Naturisme pour Philippe et Bruno, comment font-ils ? Le vent est atroce. Nous atteignons bientôt le refuge de Ricou (2115m), il est 15h30.

Beau petit refuge sympathique. Le couple de gardiens, avec un bébé, est très accueillant. Il nous offre le thé avec un gâteau. Repas solide à base de lentilles et de diots. Extinction des yeux vers 22h30.

Distance : 11.13 km
Durée : 6h29
Dénivelé positif : 856 m
Dénivelé négatif : 979 m
Altitude maximale : 2643 m

Altitude minimale : 1861 m

Jeudi 26 février. Refuge de Ricou.

 

Grand beau temps, le vent s'est bien calmé. Le gardien nous explique où nous pouvons aller sans danger.

 

Nous quittons le refuge et partons d'abord à niveau. Traversée d'un petit ravin avant de commencer à monter, en suivant des traces de ski. Nous sommes partis à 9h30. A 10h, nous pouvons commencer à nous déshabiller.

 

Vers 10h15, nous rejoignons le "chemin de ronde", "tour du Thabor", vers 2300 m. Nous allons en direction de Névache jusqu'à un passage qui semble bien exposé à une pente de neige. Tout le monde est nu, il fait bon, nous sommes bien au soleil. Nous prenons le temps de vivre; nous mangeons un morceau, nous prenons des photos. Demi-tour, en direction du lac Laramon.

Il reste encore un petit vent froid et vif. Nous arrivons au lac Laramon (2359m), glacé et couvert de neige. Il est 11 h 30, Christian et Robert nous quittent, ils doivent redescendre à Névache.

Le gardien du refuge nous a bien dit de ne pas aller plus loin, mais franchement les pentes ne sont pas bien raides, ni exposées à des versants dangereux. Nous décidons alors d'aller plus haut, vers les Gardioles. Nous grimpons lentement mais sûrement jusqu'à un groupe de rochers bien placés qui vont nous servir de salle à manger. Pause repas, qu'est-ce que nous sommes bien ; le soleil sur la peau, un groupe d’amis, une belle ambiance... un régal ! Nous allons faire un petit tour pour voir le lac du Serpent, en contrebas, bien enneigé, lui aussi.

Puis, nous partons voir ce qu'il y a plus haut. Deux groupes se constituent, pour deux itinéraires différents, car Pierre craint les pentes de neige raides. Deux randonneurs à ski se pointent sur un sommet, ce seront les seules personnes que nous verrons de la journée. Ils passent sur notre gauche. Nous nous retrouvons un peu plus haut, c'est le point culminant de notre randonnée : 2700 m.

Incroyable de monter si haut en naturistes et en hiver. La vue est grandiose, nous voyons bien les Écrins, le Pelvoux, le Pic sans nom, la Barre et, à l'autre bout, la Maurienne avec les Aiguilles d'Arves et la Tête de Chat. On savoure. Sur un versant, un peu plus loin, nous pouvons voir un groupe de chamois. Bon, il faut bien nous décider à redescendre, il n'est pas tard, mais les jours sont encore courts.

Nous dévalons les belles pentes de neige. Retour au lac Laramon puis, de là, nous tirons dans les pentes de neige au-dessus du gîte. Nous rejoignons finalement les traces, il faut nous résoudre à nous habiller avant d'arriver au refuge.

 

La gardienne du refuge est un peu éberluée de savoir que nous randonnons nus. Bizarre, nous nous habillons et bientôt, nous sommes tous confinés autour du poêle et nous avons froid.....il faut dire que nous avons pris notre dose de coups de soleil. Nous sommes bien colorés.

 

Nous commençons à sentir la fatigue. Nous bouquinons et nous « scrabblons » avant le repas. La Tourmente au Génépi va bien. Repas et dodo.

Distance : 8,05 km

Durée : 6h36 (pause midi comprise)
Dénivelé positif : 604 m
Dénivelé négatif : 614 m
Altitude maximale : 2677 m
Altitude minimale : 2106 m

Vendredi 27 février. Refuge de Ricou.

 

Temps froid, gris, bouché.

Nous petit déjeunons et nous prenons le chemin du retour. Descente jusqu'au pont de la Fruitière, nous traversons pour suivre la rive droite de la Clarée. Il commence à neiger un peu. Philippe, Bruno et Guy, qui semblent ne pas connaître le froid, sont bientôt nus. Nous croisons des randonneurs, nous nous rapprochons de la civilisation.

Quatre randonneuses, curieuses de notre accoutrement, discutent un moment avec nous.

Ça n'est pas bien mais nous retraversons la zone avalancheuse, dans ce sens nous comprenons mieux le problème. Voilà, midi sonne au clocher de Névache. Nous arrivons. Le soleil revient timidement. Il est temps de nous quitter après cette belle semaine en Clarée.

 

En souhaitant revivre d'aussi bons moments, nous nous disons "à bientôt".

 

Distance : 7,79 km

Durée : 2h40

Dénivelé positif : 110 m

Dénivelé négatif : 644 m

Altitude maximale : 2133 m

Altitude minimale : 1597 m

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